Être bien attaché à la vie : sécurité routière dans les familles anicinabek

Stéphane Grenier, Laurence Hamel-Charest, Suzanne McMurphy, Gordon Brent Angell

Résumé

La sous-utilisation des sièges d’auto pour enfants par les Autochtones du Canada pourrait nous laisser penser que les parents autochtones se préoccupent peu de la sécurité de leurs enfants. Nous déconstruisons cette hypothèse en analysant la constitution de programmes d’intervention visant l’amélioration de la sécurité routière dans deux communautés anicinabek du Québec, Lac-Simon et Kitcisakik. Les préoccupations des membres de ces communautés et les angles d’intervention qu’ils désiraient privilégier afin de réduire les risques de blessures causées par des accidents de véhicules motorisés montrent que les enfants occupent un espace symbolique important. Plutôt qu’un résultat de la négligence parentale, la sous-utilisation de sièges d’auto pour enfants semble notamment due à la pauvreté dans laquelle vivent plusieurs familles autochtones. De plus, la sécurité de la jeunesse semble être une motivation amenant les communautés et leurs membres vers un processus de transformation. Cet article nous renseigne aussi sur le type d’éducation ainsi que sur la conception de la famille privilégiée par les Anicinabek. Tenir compte de ces éléments culturels dans le développement des programmes d’intervention permet d’adapter l’action au contexte local.

Mots-clés :  autochtone, jeunesse, sécurité routière, communauté

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